Café Carto 2.0 : « La carto de l’info dans tous ses états » (édition mars 2010)

Mercredi 17 mars de 18h30 à 22h à « La Cantine »

La Cantine – 151 rue Montmartre, Passage des Panoramas, 12 Galerie Montmartre, 75002 Paris

Organisé par Claude Aschenbrenner et Christophe Tricot

Animé par Prosper Carlis

Cette nouvelle édition du café Carto 2.0 est inspirée par le concept des Barcamp :

  • 18h30 – Tour de salle général ou chacun se présente avec 3 tags qui le définissent. A chacun de trouver les mots-clés qui lui correspondent ce soir là : boulot, passions, anecdote ?
  • 18h45 – On repousse les murs et on multiplie les débats : parmi 6 propositions d’ateliers thématiques*,  4 sont choisies après un vote à main levée. Les thèmes ? La cartographie de l’info dans tous ses états au travers des propositions faîtes par les participants. Le format Barcamp c’est le principe « pas de spectateur, tous participants » donc n’hésitez pas à proposer des idées.
  • 19h – 4 premiers Ateliers
  • 19h40 – Pause conséquente pour se restaurer au buffet + animation
  • 20h10 – Nouvelle proposition d’ateliers et vote à main levée
  • 20h20 – 2ème série de 4 ateliers
  • 21h – Buffet + animation
  • 21h15 – Présentation des cartes constituées pendant les ateliers avant publication
  • 21h45 – Clôture. On se quitte à 22 heures après une soirée passionnante !

* Au sein de chaque atelier il y aura un ou plusieurs « mappeurs/facilitateurs » graphiques en charge de cartographier les échanges. Chaque carte sera diffusée sur le blog. Nous comptons aussi sur vous pour faire de même et partager votre perception des ateliers.

Principe de fonctionnement

  • Café Carto 2.0 est une manifestation non commerciale qui bénéficie du soutient de la Cantine sous réserve que l’événement soit gratuit.
  • Pour que cette soirée soit possible, tout en gardant son caractère libre, nous comptons sur la communauté pour autofinancer le projet : salle + buffet. A titre d’information, lors de la première session la participation par personne était de 15€.
  • Ainsi l’accès à l’événement sera libre et nous lançons un appel aux dons.
    • Vous pourrez suivre les participations et les comptes de la soirée sur le blog.

Pour participer : Aller sur le site http://fr.amiando.com/cafe_carto_20.html pour

  1. S’inscrire (obligatoire)
  2. Si vous le souhaitez, faire un don en ligne pour rendre le projet réalisable (frais de salle et de buffet)

Si vous le souhaitez, vous pouvez promouvoir l’événement : bouche à oreille, sur Twitter (#CafeCarto20),  sur les réseaux sociaux (Facebook, LinkedIn), etc.

En espérant vous compter parmi nous,

Claude Aschenbrenner, Prosper Carlis et Christophe Tricot.

Café Carto 2.0 : comment animer vos rencontres grâce à la cartographie de l’information

Nous avons le plaisir de mettre en ligne la carte des cartes issue du café Carto 2.0 . Cette mise en scène réalisée par Prosper Carlis permet de visualiser d’un seul coup d’œil  l’ensemble des 32 cartes présenté à cette occasion par les participants. Nous vous laissons découvrir le classement proposé.

Chaque vignette est cliquable afin d’afficher une version grand format de chaque carte ainsi qu’une présentation de la carte par son auteur (si celui ci l’a souhaité).

cafe-carto1

Il y a quelques semaines nous avions réunis une quarantaine de personnes pour une rencontre de réseautage dédiée à la cartographie de l’information.

Le défit n’était pas mince : comment faire se rencontrer en moins de 2 heures toutes ces personnes issues de réseaux différents ( dont ceux des 3 organisateurs et celui de ceux qui ne connaissaient personnes).

Une fois exclues les solutions trop classiques du type speed dating ou présentation avec mots clés (nuage des tag) l’appel à la cartographie de l’information s’imposait. Nous avons donc innové en demandant aux participants de construire une carte et de l’apporter le jour J.

Le format était libre : carte heuristique (mind map) ou conceptuelle, plan de métro, carte géographique (imaginaire ou non), calligrammes, réseau, vue isométrique, diagramme, patchwork, etc. La seule contrainte était de présenter sa mise en scène graphique sur une page A4 au format paysage.

Une fois sur place, la règle du jeu était simple : chaque carte était photographiée, enregistré sur un ordinateur puis projeté sur tous les murs de la Cantine (sponsor de l’événement).

Au commande, Prosper Carlis invitait chaque participant de présenter sa carte en 3 minutes.

Tout ceci a donné lieu à une soirée qui a marqué tous les participants. Le recours aux cartes a permis à chacun de se mettre en scène dans ses différentes facettes et pas seulement dans ses caractéristiques professionnelles.

Cerise sur la gâteau, cette rencontre a prouvé que la cartographie de l’information peut également permettre de ré-enchanter les rencontres de la vraie vie. Le colloque Carto 2.0 ne pouvait rêver meilleur prolongement.

Nous tenons à remercier l’ensemble des participants qui ont rendu possible cette alchimie collective et nous invitons à découvrir leurs  témoignages sur ce blog .

Christophe Tricot

Prosper Carlis

claude Aschenbrenner

Carte d’Amaury de Buchet (Blog USWIM : You See What I Mean)

amaury

Bien que parfaitement francophone l’auteur Amaury De Buchet  s’exprime sur son blog en anglais sur son blog . L’explication de sa carte figure à la fin de ce billet.

As most of the readers of this blog, you are already familiar with MindMapping (”carte heuristique”). In anticipation to the meetup of the French visual thinking community (Cafe Carto 2.0, last Dec. 17th in La Cantine, Paris) where all participants were asked to present themeselves via a map, I wanted to look at different “mapping” techniques. The MindMapping meme / school being quite strong in that community (and to some respects in France : see Petillant), I have been revisiting other visual mind games and found quite a few.

Guillaume Apollinaire

Cadavre Exquis by Prevert, Breton and Co

  • Another popular visual mind game is the doodle (”griffonnage” or “crayonnage” in French), that designer Dennis Hwang made a key part of the Google brand. During the last seminar I attended there were a good 5 doodlers in the room (at least that left their doodles behind them …). Not to be mixed up with the very useful meeting sscheduling tool, it is a key part of school age : who hasn’t doodled on his books or notebooks ? Many still do as an adult, during conferences, phone calls, etc… Some psychologists and cogniticians have dwelved on why we doodle, and what it tells about someone’s profile or state of mind (the “alphabet” of doodles.

Google doodles Doodle notebook

  • Maybe the last game I found is rebus, a visual word puzzle. Like most games, often played in childhood, it enabled me to work with pictures, so that’s the technique I used for my map (see below). I later discovered that rebus generator http://www.rebus-o-matic.com/, but because mine is a mix of French and English … and I had specific images in my mind, I wouldn’t have used it anyway.

Vis sue ali a sion dés cône essence

Carte de Leon Moura

leone

Description de la carte par son  auteur :

Voici une représentation de mon parcours : comme vous pourrez le constater j’ai construit et parcouru ma route sinueuse, parsemée d’embuches que toujours surmonté… elle fut pourtant longue et chaotique… Mais elle se précise et j’entends bien lui donner un véritable sens … vos commentaires constructifs seront le bienvenus ( les autres, passez votre chemin…), Merci. Dessins de mon collègue « Jesper » qui a bien voulu me retranscrire qques idées…! Un grand Bravo et sincères remerciements à Claude (serialmapper) et son équipe pour leur organisation et accueil lors de ce café carto 2.0 chez la sympathique « la cantine ».

Carte de Valérie de Valicourt : « Vallée-rit »

Desciption de l’auteur :

« J’ai choisi la carte heuristique pour me présenter, car partir du cœur  c’est aller au centre de soi. Les branches permettent de relier les idées de façon cohérente et en même temps d’ouvrir de manière créative en se laissant surprendre par ce qui vient. A travers les dessins et les couleurs (propres au cerveau droit), l’intuition et l’émotion mobilisées nous invitent à un voyage intérieur aussi étonnant qu’authentique. Et à la manière d’un explorateur, on est soi-même surpris et émerveillé par tous ces trésors cachés au fond de soi. Cela nous relie à l’essentiel et le partager aux autres c’est une invitation au parler vrai, c’est un chemin vers plus d’humanité. Merci à nos trois hôtes, Claude, Christophe et Prosper, pour cette belle expérience humaine !. »
Vallée-rit.

Carte de Philippe Gargov : « Ma vie en trois partie et un nul »

Description de la carte par son auteur :
« Je ne sais pas si j’ai été très clair lors de ma présentation, je vais donc essayer de l’être un peu plus par écrit ! En même temps, ma carte était tout sauf claire, c’est donc plutôt logique que l’on s’y emmêle les pinceaux… Mais c’était volontaire !
En effet, j’ai choisi comme fond de carte des parties de go (sélectionnées aléatoirement, je sais seulement qu’une des parties n’a pas de vainqueur) pour leur « ésotérisme » : seul un pro pourrait s’y retrouver, si l’on considère la partie en elle-même. Mais tout le monde peut s’y retrouver lorsque l’on regarde ces cartes comme des assemblages de points complètement désordonnés, où aucune forme ne se distingue particulièrement… Le but est que chacun puisse voir ce qu’il veut dans ces formes, qu’un fond de carte unique puisse servir de support à l’infinité de réprésentations que l’on peut imaginer. Je vais par exemple voir dans tel pion blanc un reflet de mon amitié pour untel, quand mon voisin y lira sa persévérance au travail ou son amour pour les avions…
C’est pour représenter cette multitude que j’ai agencé tout et n’importe quoi (et surtout, n’importe comment) sur ce fond de carte. Le procédé est tout bête : on regarde les fonds, les pions, les formes, les agencements de couleurs, les territoires… bref, ce que l’on veut, et on y écrit ce qui passe par la tête. Faites l’exercice ! C’est un peu comme les tâches chez le psy, mais en plus fouillis ! Cette « cartographie bordélique » est excitante : un peu de désordre ne fait pas de mal, non ? Pourquoi toujours faire des cartes organisées ? ;)
PS : le go parle de territoires, de frontières, d’armées… La dimension spatiale est omniprésente dans ces parties ; ne dit-on pas de la « géographique qu’elle sert d’abord à faire la guerre » (heureusement sur plateau !) ? Cette carte est « géographique », et c’était essentiel pour moi : c’est sous cette forme que j’ai appris à connaître et à aimer les cartes…
Ah, et merci au camarade m’ayant soufflé quelque chose que je n’avais pas vu : les parties de go jouent un numéro d’équilibriste entre le gros foutoir (que je désirais), et le maillage très stricte du plateau (qui m’embête un peu…). Un autre support aurait en fait été plus approprié, quand on y pense ! D’ailleurs, j’en ai un à proposer : en écrivant, je me suis rendu compte qu’il y avait un côté « Jackson Pollock » (des points partout !) dans ces fonds de carte. Je me demande d’ailleurs ce que pourrait donner une carte mentale utilisant une telle peinture comme support ! Si quelqu’un veut se prendre au jeu… »

Carte de Christophe Tricot : « l’arbre des possibles »

De Cartes Café Carto 2.0

L’idée principale de cette carte est de mettre en scène un parcours personnel en partant de la question : « pourquoi j’ai commencer à faire de la cartographie et où ça me mène ? »
La métaphore qui s’est naturellement imposée est un arbre composé de trois « temps » :

  • le passé : les racines de l’arbre reprennent les fondements de ma formation
  • le présent : tout le passé converge en un point unique qu’est la cartographie
  • le futur : à partir de la cartographie, l’arbre des possibles se déroule et présente des axes de développements futurs à potentiels variables.

Carte de Claude Aschenbrenner (Serial Mapper) : le corail

corail

Malgré les apparences, on trouve de tout dans la mer de la Chasse au Snark :

Il s’agit ici d’un corail, métaphore que j’ai utilisé , pour  cartographier, non pas ma vie, mais mes pratiques « essentielles »  (1) dont bon nombre remontent à l’enfance. Les terminaisons en bleu (Bruxelles, Architecte en système d’information, Serial Mapper …) forment une photo représentant une partie de ce que je suis actuellement. Les branches et les branches sont pour la plupart en attente de légende (la carte n’est pas terminée).

A la différence de l’arbre le corail n’est pas unidimensionnel, les ramifications ne s’étendent pas seulement vers le haut mais dans toutes les directions accessibles.

La forme anarchique de sa croissance lui permet de se régénérer constamment avec une dynamique peu commune.  Les branches et les ramifications peuvent produire de nouvelles unions même après leur division. Mieux encore des segments réputés pétrifiés peuvent être utilisés dans ce processus

(1) Cf  Francis Cabrel extrait de son dernier CD « La Robe et L’échelle » A la vitesse où le temps passe, le miracle est que rien n’efface l’essentiel

Carte extrait de la Chasse au Snark présentée par Claude Aschenbrenner

carte-lewis-small

En tant que Serial Mapper j’ai eu du mal à me limiter à une seule carte … Me voici donc devant vous avec 2 cartes ou plutôt avec une carte et demi puisque celle ci est une « non carte » extrait de la Chasse au Snark  (1876) de Lewis Carroll :

Il avait, de la mer, acheté une carte
Ne figurant le moindre vestige de terre ;
Et les marins, ravis, trouvèrent que c’était
Une carte qu’enfin ils pouvaient tous comprendre.

De ce vieux Mercator à quoi bon Pôles Nord,
Tropiques, Equateurs, Zones et Méridiens ?
Tonnait l’Homme à la Cloche ; et chacun de répondre :
Ce sont conventions qui ne riment à rien!

Quels rébus que ces cartes, avec tous ces caps
Et ces îles ! Remercions le Capitaine
De nous avoir, à nous, acheté la meilleure -
Qui est parfaitement et absolument vierge ! »

La Pléiade page 383

Cette citation me rappelle l’époque du « destroy your business » qui a précédé de peu l’éclatement de la première bulle internet en 2001 …

Mais au fait que faire avec cette étendue d’eau sans terre émergée ? Approchons nous de plus près … Voilà encore un peu plus.. Eh oui on commence à distinguer des hauts fonds … Oh là une tache de couleur ! Qu’est ce que ça peut bien être ?

Carte de Christophe Tuffery : la confusion des cartographies

christophe-tu

Voici le texte de Christophe Tuffery (copie à sa demande de son billet la « confusion des cartographies » sur son blog).

Bien cordialement et encore bravo pour la soirée du Café Carto où je regrette de ne pas avoir pu rester jusqu’à la fin.

En plagiant le titre d’un ouvrage de Stefan Zweig, je souhaite revenir aujourd’hui sur le Café-Carto 2.0 auquel j’ai participé hier à La Cantine, un lieu devenu connu du petit monde de l’Internet sur Paris.
Et d’abord de quoi s’agissait-il ? Derrière le titre et ce que j’en avais compris dans un premier temps, se cachait en fait une initiative pour faire se rencontrer des gens qui s’intéressent de près ou de loin à la cartographie de l’information ? Kezako ? Il s’agit en fait de représenter ou visualiser l’information, terme générique pour désigner tout (ou presque) : savoir, connaissance, lieu de vie, réseau social, activité professionnelle, formation, etc. Quelques explications et de terminologie sont disponibles notamment sur ce site. On peut citer l’ouvrage récemment paru « Cartographie des connaissances : ouvrage « Information et visualisation. Enjeux, recherches et applications » qui serait une bonne introduction au sujet. L’Internet regorde de sites sur le domaine comme Kartoo ou encore le wiki MapDream.
Je ne m’attarde pas plus sur ce domaine que je découvre totalement. Un colloque Carto 2.0 a eu lieu en avril dernier qui a réuni 250 personnes.
Donc pour cette soirée, il fallait se présenter en 3 minutes en s’appuyant sur une mise en scène de soi en utilisant n’importe quelle forme de représentation.
Finalement, lorsque ce fut à mon tour, je n’avais plus droit qu’à 1 minute pour me présenter… L’exercice fut forcément frustrant. J’aurais aimé rajouter que outre le fait d’être géographe et cartographe de formation (ce dont je ne chercherai jamais à me soigner), je constate que la cartographie, celle que je connais un peu, envahit notre quotidien. GoogleMaps, GoogleEarth, GPS, cartographie sur téléphones mobiles, etc… La carte est partout et les types de cartes qu’il nous est donné d’utiliser dans notre quotidien s’homogénéisent de plus en plus au profit de quelques unes. Ainsi d’aucun pourrait croire que GoogleMaps constitue une représentation reconnue et admise par tous comme la seule possible, ou à tout le moins comme la plus objective. Or la notion de cartographie objective n’existe pas.
Mais plus que le constat que LES cartographies (et non pas LA cartographie) nous envahissent, c’est le fait que les usages des cartographies qui nous sont proposées visent en fait à nous permettre de nous représenter de plus en plus au centre du monde. Les réseaux sociaux de l’Internet 2.0 sont de formidables théâtres à l’auto-mise en scène et les géolocalisations et cartographies qui nous sont proposées avec (Panoramio, Flickr), sont les nouveaux décors de nos quotidiens numériques virtualisés.
D’où la mise en scène géographique que j’avais préparée pour le Café Carto 2.0, à la fois pied de nez à GoogleMaps qu’il est facile d’ »aménager » ou de faire tricher, et mise en scène ironiquement égocentrique, en pensnat au web cartographique 2.0 …

Cela ne vous dit rien ? Mais si, voyons. Le projet « The World » au large de Dubaï dans les Emirats Arabes Unis.

Les autres convives ont présenté leur propre cartographie, souvent très personnelle, où JE était au centre de schémas, graphiques, dessins, jeux de go, etc. parfois en forme d’arbre (si j’ai bien compris).
Point d’ironie polémique ou de moquerie méprisante dans mes propos, mais je dois avouer que je suis resté sur ma fin (mais pas sur ma faim puisqu’il y avait moultes pizzas à consommer). J’aurais aimé qu’on puisse vraiment échangé sur ces différentes cartographies, leurs principes, leurs règles, leurs origines, leurs objectifs, leur raisons d’être. Je me suis demandé si l’usage du terme de cartographie 2.0 (dont je pensais qu’il désignait la cartographie sur le web à la sauce de l’Internet 2.0) dans le domaine de la gestion de l’information, n’était pas représentative, par une dérive sémantique, d’une tendance lourde à faire croire que tout signifie tout.
« Tout est dans tout et inversement » disait Pierre Dac. Allons plus loin. Si « Tout signifie tout », alors « Tout vaut tout ». Une égalité totalisante assez terrifiante…
En reprenant le titre de l’ouvrage de Cyntia Fleury « Les pathologies de la démocratie », je me demandais si je ne venais pas d’assister à une soirée de présentation d’une des « pathologies de la cartographie ». Tout est-il vraiment cartographiable?
La cartographie 2.0, celle d’hier soir, ne servirait-elle pas à permettre à leurs usagers d’essayer de se tirer un peu au clair pour voir où ils en sont (dans leurs connaissances, dans leur parcours professionnel, dans leur vie)? Le succès des réseaux sociaux numériques est peut-être à mettre sur le compte d’un besoin grandissant à se mettre en scène sur des territoires égocentrés, en se mettant au centre de tout, d’où l’on peut tout voir, tout savoir sur les autres et d’où, à l’inverse, on peut être vu de tous et de partout. Paul Virillio, qui a co-préparé avec Raymmond Depardon l’exposition « Terre natale » dont ce blog a déjà parlé ici, appelle cela la « mégaloscopie », une sorte de mégalomanie appliquée au besoin de tout voir, dont Google est un acteur majeur. « Derrière l’addiction optique, la pulsion scopique, la pulsion mégaloscopique, on peut le dire avec Google, c’est l’être animé qui se modifie« .
Finalement, le Web 2.0 ne serait-il pas cela ?…
Pour finir, je tiens à remercier les organisateurs (en particulier Christophe Tricot, Claude Aschenbrenner, Prosper Carlis) qui m’ont permis d’ouvrir mes horizons et, je l’espère, de pouvoir à l’avenir découvrir davantage et mieux comprendre ce que ce domaine nouveau pour moi peut avoir comme convergence possible et croisement fertile tant sur le plan conceptuel que sur le plan opérationnel, avec le monde de la cartographie que ce blog tente d’aborder et d’illustrer. J’espère que j’aurai l’occasion de prolonger ce début d’échange en d’autres lieux et en d’autres circonstances, plus propices à l’argumentation.

En rentrant chez moi en métro, au moment de m’assoir sur un siège de la station en attendant la prochaine rame, mon regard est tombé sur un journal gratuit laissé là et où la cartographie numérique faisait sa pub.

J’ai trouvé cela amusant et cela m’a fait penser à un autre billet de ce blog.