Carte de Philippe Gargov : “Ma vie en trois partie et un nul”

Description de la carte par son auteur :
“Je ne sais pas si j’ai été très clair lors de ma présentation, je vais donc essayer de l’être un peu plus par écrit ! En même temps, ma carte était tout sauf claire, c’est donc plutôt logique que l’on s’y emmêle les pinceaux… Mais c’était volontaire !
En effet, j’ai choisi comme fond de carte des parties de go (sélectionnées aléatoirement, je sais seulement qu’une des parties n’a pas de vainqueur) pour leur “ésotérisme” : seul un pro pourrait s’y retrouver, si l’on considère la partie en elle-même. Mais tout le monde peut s’y retrouver lorsque l’on regarde ces cartes comme des assemblages de points complètement désordonnés, où aucune forme ne se distingue particulièrement… Le but est que chacun puisse voir ce qu’il veut dans ces formes, qu’un fond de carte unique puisse servir de support à l’infinité de réprésentations que l’on peut imaginer. Je vais par exemple voir dans tel pion blanc un reflet de mon amitié pour untel, quand mon voisin y lira sa persévérance au travail ou son amour pour les avions…
C’est pour représenter cette multitude que j’ai agencé tout et n’importe quoi (et surtout, n’importe comment) sur ce fond de carte. Le procédé est tout bête : on regarde les fonds, les pions, les formes, les agencements de couleurs, les territoires… bref, ce que l’on veut, et on y écrit ce qui passe par la tête. Faites l’exercice ! C’est un peu comme les tâches chez le psy, mais en plus fouillis ! Cette “cartographie bordélique” est excitante : un peu de désordre ne fait pas de mal, non ? Pourquoi toujours faire des cartes organisées ? ;)
PS : le go parle de territoires, de frontières, d’armées… La dimension spatiale est omniprésente dans ces parties ; ne dit-on pas de la “géographique qu’elle sert d’abord à faire la guerre” (heureusement sur plateau !) ? Cette carte est “géographique”, et c’était essentiel pour moi : c’est sous cette forme que j’ai appris à connaître et à aimer les cartes…
Ah, et merci au camarade m’ayant soufflé quelque chose que je n’avais pas vu : les parties de go jouent un numéro d’équilibriste entre le gros foutoir (que je désirais), et le maillage très stricte du plateau (qui m’embête un peu…). Un autre support aurait en fait été plus approprié, quand on y pense ! D’ailleurs, j’en ai un à proposer : en écrivant, je me suis rendu compte qu’il y avait un côté “Jackson Pollock” (des points partout !) dans ces fonds de carte. Je me demande d’ailleurs ce que pourrait donner une carte mentale utilisant une telle peinture comme support ! Si quelqu’un veut se prendre au jeu…”

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